Le Baromètre des projets des Français – Novembre 2010
Quel est l’état d’esprit économique des Français, après le mouvement des retraites et la formation du nouveau gouvernement ? L’actualité de ces dernières semaines a donné aux uns (sympathisants de gauche) des motifs d’inquiétude, et aux autres (sympathisants de droite) des raisons d’espérer. La deuxième vague de ce baromètre des « projets des Français », réalisé par Viavoice pour BPCE, Les Echos et France Info dresse le tableau de Français aujourd’hui moins pessimistes qu’en octobre.
Pouvoir d’achat : un pessimisme en érosion
En matière de pouvoir d’achat, les Français demeurent certes massivement pessimistes : seuls 10 % estiment que leur « pouvoir d’achat » va « augmenter » au cours « des trois prochains mois », 47 % qu’il va « rester stable » et 39 % « diminuer ». Pour autant, ces données révèlent des améliorations par rapport à celles enregistrées le mois dernier : la proportion de Français anticipant une baisse de leur pouvoir d’achat est en baisse de 8 points, soit une variation particulièrement significative d’un mois sur l’autre.
Les raisons de cette amélioration sont assez liées à la fin du conflit des retraites : les publics aujourd’hui moins inquiets sont également ceux qui étaient directement concernés par la question des retraites : le pessimisme est en baisse de 5 points auprès des 50-64 ans (à 43 %), de 8 points auprès de 35-49 ans (à 37 %), de 14 points auprès des 25-34 ans. En termes sociologiques, le pessimisme est prioritairement en repli auprès des Français les moins aisés : employés (-7, à 38 %) et ouvriers (-4, à 36 %).
Epargne et consommation : sensibles progressions
Cette modération du pessimisme entraîne des perspectives moins sombres sur les registres de l’épargne et de la consommation :
- Les intentions d’épargne progressent sensiblement : 10 % des Français envisagent de mettre « plus d’argent de côté que ces derniers mois » (+3) ;
- Les intentions de consommation progressent aussi, en particulier pour « l’alimentation » et « l’habillement » : pour ces postes, 15 % des Français envisagent de dépenser plus d’argent que ces derniers mois (+5).
A ce titre, il est frappant d’observer que ces Français moins pessimistes ne procèdent pas à un arbitrage entre consommation et épargne. En termes globaux, les deux progressent de façon conjointe, sans prioriser l’un par rapport à l’autre : ces comportements procèdent de façon égale du principe de prudence (épargne) et de ceux de nécessité ou de plaisir.
L’effet d’aubaine très relatif des fêtes de fin d’année
Qui plus est, les fêtes de fin d’année offrent un effet d’aubaine conjoncturel pour une fraction des consommateurs. Et il est révélateur de noter que les progressions de dépenses concernent l’habillement et l’alimentation, mais ni le logement, ni l’automobile.
Pour autant plus largement, par comparaison avec 2009, les dépenses de fin d’année 2010 ne s’annoncent pas plus importantes que celles de 2009, au contraire : un Français sur deux (49 %) envisage de dépenser « autant d’argent » que l’année dernière, 38 % « moins d’argent », et seulement un sur dix (9 %) « plus d’argent ». Et ces résultats traduisent l’existence de deux France :
- Une France dont les perspectives de dépenses progressent par rapport à l’année dernière : surtout celle des jeunes (16 % des 18-24 ans envisagent de dépenser plus, 18 % des 25-34 ans) ;
- Une France de la modération ou de la restriction (inactifs non retraités : 44 % envisagent de dépenser moins ; employés : 41 % envisagent de dépenser moins).
Au total, pour les projets des Français, ces fêtes de fin d’année 2010 se présentent de façon très ambivalente :
- Elles vont certes générer un effet d’aubaine en regard du court terme : après les prudences et les blocages enregistrés lors du conflit des retraites, la France va reprendre en partie le chemin de la consommation ;
- Mais elles apparaissent comme un repli par rapport à l’année dernière : globalement les Français n’envisagent pas de dépenser plus qu’en décembre 2009.
Ainsi ce mois de novembre apparaît sous tension, comme une période de moindre inquiétude après l’ »octobre noir » vécu face à la réforme des retraites, mais de fragilité persistante par rapport à l’année dernière. Même (et peut-être particulièrement) à Noël, la crise économique est loin d’être achevée.
Pour en savoir plus : Le Baromètre des projets des Français
- Actualité Divers
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- Mardi, 21 décembre 2010, 15:54
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