Les fonds de private equity détenteurs d’entreprises européennes résistent aux pressions à court terme
L’étude « How do private equity investors create value? – Beyond the bears » consacrée aux grandes entreprises européennes cédées par des fonds de private equity entre 2005 et 2009 révèle que les sorties répondant aux critères retenus pour l’étude1 n’ont concerné que 30 entreprises en 2009. Ce qui démontre que la plupart des fonds d’investissement ont choisi d’éviter de vendre sur un marché défavorable.
L’activité des investisseurs est restée très réduite en 2009, le nombre de cessions à des investisseurs stratégiques se situant bien en deçà des niveaux historiques enregistrés en 2006 et 2007. Les sorties secondaires et tertiaires vers de nouveaux fonds d’investissement sont passées de 67 % en 2008 à seulement 7 % en 2009. Pour la première fois depuis que l’étude est publiée, un nombre non négligeable de cessions ont été faites à des créanciers. Ces dernières ne représentent toutefois qu’une infime partie du portefeuille et sont bien inférieures aux prévisions de nombreux spécialistes.
Paul Gerber, associé responsable du private equity chez Ernst & Young, le confirme :
« La poursuite de la baisse en nombre et en valeur des sorties est révélatrice d’un environnement macro-économique difficile. La pénurie de financement et le contexte peu favorable aux négociations ont contraint les fonds d’investissement à rester concentrés sur les performances des entreprises de leur portefeuille, voire à rediriger parfois leurs efforts d’investissement vers la dette, le secteur des infrastructures et les marchés émergents. »
Un avenir contrasté
Paul Gerber poursuit : « En 2010, les volumes de sorties ont augmenté — souvent par le biais de LBO secondaires— en raison d’une plus grande disponibilité de la dette et du faible nombre d’introductions en bourse en Europe. Nous anticipons en outre un retour des acquéreurs stratégiques en raison de la solidité des bilans des entreprises. »
Des périodes de détention plus longues
Après deux années de faible activité au niveau des sorties, l’âge moyen des portefeuilles des fonds d’investissement a presque doublé depuis 2007, passant de 2 à 3,7 ans. De ce fait, les fonds d’investissement s’engagent d’avantage auprès des équipes opérationnelles pour améliorer les performances des entreprises de leur portefeuille.
Paul Gerber indique : « Dans les prochaines années, il sera intéressant de vérifier dans quelle mesure ces efforts consacrés à l’amélioration des performances des entreprises augmenteront le pourcentage des rendements attribué à l’optimisation stratégique et opérationnelle. »
Les clés du succès
Malgré le ralentissement des sorties, les fonds de private equity ont continué à démontrer la surperformance du business model du private equity en comparaison des sociétés cotées en bourse. Pendant la période 2005 à 2009, les opérations les plus rentables ont été celles auxquelles les fonds d’investissement ont consacré le plus de temps en amont du processus d’acquisition formel — tant en matière d’identification que d’évaluation de l’opportunité.
Dans plus des trois quarts des transactions du quartile supérieur, l’évaluation de l’opportunité a commencé avant le début du processus formel. Dans près d’un tiers (31 %) des cas, il a même été initié plus d’un an à l’avance. À l’opposé, 73 % des opérations du quartile inférieur n’ont été évaluées qu’au plus tôt six mois avant le début du processus formel.
Paul Gerber conclut ainsi : « Les entreprises dont les résultats ont été moins satisfaisants ont souvent dû lutter pour mettre en œuvre leur stratégie, soit parce que le marché ne la soutenait pas, soit parce que la direction n’était pas en mesure de l’exécuter. Dans certains cas, le manque de temps avant les négociations a pu donner lieu à des analyses incomplètes. Pour y remédier, les pratiques du secteur ont déjà amorcé une évolution puisque l’on constate une prise en compte plus approfondie des impératifs commerciaux et opérationnels de chaque opportunité d’investissement. »
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1. L’étude de 2009 sur les performances et méthodes du private equity se fonde sur l’analyse des 300 plus grandes entreprises européennes cédées par les fonds d’investissement au cours des cinq dernières années. Pour garantir la justesse de l’évaluation des performances et limiter l’étude aux entreprises les plus importantes, seules ont été retenues les entreprises dont la valeur était supérieure à 150 millions d’euros au moment de l’acquisition.
- Economie
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- Lundi, 22 novembre 2010, 16:35
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