Stratégies de sortie monétaire et risque systémique : l’avis des experts
La coordination au niveau de l’UE des stratégies de sortie, les liens entre la BCE et le Comité européen du risque systémique ainsi qu’une éventuelle interdiction des produits qui déstabilisent les marchés, telles ont été les principales questions soulevées par les députés de la commission économique et monétaire et de la commission spéciale sur la crise financière, économique et sociale, lors d’une audition d’experts ce mardi.
« Avons-nous vraiment touché le fond ? » a demandé Pervenche Berès (S&D, FR). « Non, on pourrait encore descendre plus bas » a répondu Stefan Collignon de l’École d’études avancées Sant Anna (Pise). S’il n’y a pas de danger d’éclatement d’une nouvelle bulle financière dans l’UE et aux Etats-Unis, cela ne peut être exclu en Chine, a-t-il ajouté. Vu l’impact que cela aurait sur l’UE, il a exhorté l’Europe à « développer les instruments adéquats » pour être à même de réagir.
Les stratégies de sortie
« La stratégie de sortie fiscale devrait précéder la stratégie de sortie monétaire », a estimé Guillermo de la Dehesa, président du Centre for Economic Policy Research, faisant observer qu’il faut du temps pour récupérer les niveaux de PIB et de croissance économique. Les stratégies de sortie, à la fois monétaire et budgétaire, devraient se faire « étape par étape » et non en une seule fois, a déclaré Ansgar Belke de l’Université de Duisbourg-Essen. La restructuration et la recapitalisation du système bancaire représentent une autre condition préalable à une stratégie de sortie, a ajouté le directeur de Bruegel, Jean Pisani-Ferry.
Actifs toxiques
En tout état de cause, le retour à la normalité « prendra un temps très long », a averti Ansgar Belke de l’Université de Duisbourg-Essen, en soulignant que « les actifs toxiques figurent encore sur les livres des banques de l’UE ».
Un fonds européen devrait être créé pour reprendre les banques en faillite, a déclaré M. Collignon en réponse à une question posée par Hans-Peter Martin (NI, AT) qui demandait si elles devaient être nationalisées.
Comment faire pour éviter les risques systémiques ?
Mme Corien Wortmann-Kool (PPE, NL) a demandé aux experts si la BCE devait être liée au Comité européen du risque systémique (CERS). M. Gerlach, de l’Université de Francfort et de M. Whelan de l’University College de Dublin, ont répondu par l’affirmative.
Mme Sibert, de l’University College de Londres, en revanche, a fait valoir que, dans une bureaucratie comme celle de la BCE, « le style de pensée indépendante nécessaire pour prévoir les crises financières », n’est pas valorisant pour la carrière ». Elle a estimé qu’un CERS fort de 61 membres serait fastidieux, doutant qu’ »une armée pesante de banquiers centraux et de bureaucrates offrirait un système efficace d’alerte précoce » et a plaidé plutôt pour un comité de 5 membres.
M. Philippe Lamberts (Verts/ALE, BE) s’est demandé si les produits qui par nature déstabilisent les marchés devaient être interdits. M. Gerlach a répondu qu’il n’était pas sûr que ce soit la bonne solution, alors que Mme Sibert suggéré qu’un critère pour autoriser un tel produit pourrait être de pouvoir l’expliquer au CERS.
Source : europarl.europa.eu
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- Jeudi, 3 décembre 2009, 18:32
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